Le Conseil général de la magistrature espagnol (CGPJ) [site officiel, en espagnol] a voté vendredi à l’unanimité la suspension du juge Baltasar Garzon pour abus de pouvoir lors de l’ouverture d’une enquête sur les crimes de guerre commis par le gouvernement de Franco pendant la guerre civile espagnole [article Le Figaro]. Suite à un vote avec dix-huit voix en faveur de la suspension, aucune opposition et trois abstentions, le CGPJ avait été tenu d’attendre le résultat de l’appel de Garzon du mois d’avril afin d’éviter un rejet en première instance mercredi.

Aucune date de jugement n’a encore été fixée [article Nouvel Obs]. Si Garzon est reconnu coupable, il peut risquer une suspension de 20 ans. Il est également accusé de corruption pour avoir reçu de l’argent lors de séminaires organisés aux États-Unis.

Le mois dernier, des milliers de personnes ont défilé dans les rues de plusieurs villes d’Espagne pour manifester leur soutien au juge Garzon, en scandant des slogans et en portant des drapeaux datant de l’époque républicaine, avant la guerre civile [article Agenda]. En mars, la Cour Suprême espagnole [site officiel, en espagnol] avait reconnu le juge Garzon coupable d’abus de pouvoir [texte, en espagnol] pour avoir ordonné l’exhumation de 19 fosses communes en Espagne. Le but de l’ordonnance avait été de mettre en place un registre national définitif des victimes de la guerre civile, en dépit d’une loi de 1977 accordant l’amnistie pour les crimes politiques commis sous le régime franquisme. Garzon avait interjeté appel de cette décision en avril, alléguant que l’ordonnance de mise en accusation rendue par le juge Luciano Varela était politiquement motivée [article AFP, en anglais], compromettant l’indépendance du pouvoir judiciaire, et cherchant à imposer une interprétation spécifique de la loi de 1977.

Le juge Garzon est connu pour avoir largement utilisé la compétence universelle dans le passé dans plusieurs affaires très médiatisées, y compris ceux contre Oussama ben Laden et l’ancien dictateur chilien Augusto Pinochet [article Agenda].