Selon l’auteur du New Yorker, Franklin Roosevelt en son temps était tout pareillement parti en guerre contre la Cour suprême. Lorsqu’il était alors au pouvoir, Roosevelt avait du subir le courroux de la Cour suprême alors lorsqu’il tentait de mettre en oeuvre des dispositions législatives d’importance afin de lutter contre le marasme économique de la Grande Dépression. La majorité des juges de la Cour était des conservateurs. Afin de lutter contre leur opposition permanente, l’illustre Président américain avait alors proposé de réformer la structure de la Cour afin de passer outre le jugement des 9 sages. Le Président nommait alors un juge additionnel pour chaque juge de plus de 70 ans. Ces juges plus jeunes étaient alors de fervents démocrates et avalisaient les lois proposées par Roosevelt ce qui a permis de construire pas à pas les prémisses du New Deal. Le principal problème que le Président tentait alors d’endiguer était celui de l’idéologie politique des juges, qui est beaucoup plus explicite outre-Atlantique qu’en France ; les convictions biaisées des juges l’emportait alors sur l’intérêt général qui plaidait en faveur de mesures économiques drastiques.

Le 44ème Président des Etats-Unis rencontrerait aujourd’hui les mêmes difficultés que le 32ème Président avant lui. Les points de comparaison sont frappants, les deux hommes politiques ont été portés au pouvoir dans un contexte de crise économique, et sont en attente d’une réponse législative progressiste d’une Cour suprême dont la majorité des juges fait partie de l’opposition. Cependant, pour l’heure, la Cour suprême semble bloquer des initiatives gouvernementales en usant de ce que d’aucuns qualifient d’activisme juridique. Barack Obama, lui-même ancien professeur de droit, a donné la définition suivante de l’activisme juridique : " un juge activiste était quelqu’un qui ignorait la volonté du Congrès, ignorait le processus démocratique et qui essayait d’imposer des solutions juridiques aux problèmes au lieu de laisser faire le processus par la voie politique." Ces querelles intestines entre le Gouvernement et la Cour suprême ont toujours été présentes dans l’histoire et se reproduisent aujourd’hui, en atteste l’annulation par la Cour suprême d’une initiative lancée par des dirigeants de Seattle qui permettait d’introduire une certaine mixité raciale dans les écoles.