Les groupes internationaux de défense des droits de l’homme lancent une alerte sur la montée de l’extrémisme et du racisme en République tchèque, marquée notamment par la radicalisation des partis politiques et par des atteintes récurrentes aux droits des minorités.

Selon le rapport annuel du Comité tchèque d’Helsinki (Český helsinský výbor, ČHV) [site, en anglais] la tolérance et la xénophobie sont à la hausse et la situation des personnes handicapées et des prisonniers insatisfaisante. Le rapport s’indigne également des propos "inacceptables" de plusieurs hommes politiques tchèques, signes de l’institutionnalisation du racisme. De plus, selon le rapport, faute de toute aide juridictionnelle, les pauvres sont privés d’accès à la justice.

Le chef de la Ligue des droits de l’homme (Liga lidských práv) [site, en tchèque], David Zahumensky, ayant contribué au rapport, a critiqué l’Etat pour manquements à ses obligations internationales en matière de protection des droits humains tout en l’exhortant à signer et ratifier plus rapidement les traités internationaux. A titre d’exemple, la République tchèque est le dernier pays de l’Union européenne à signer le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, l’ayant signé que l’année dernière, soit 11 ans après la création de la Cour.

En 2007, la Cour européenne des droits de l’homme [site] avait jugé que les Roms étaient victimes de ségrégation et de violations de leur droit d’accès à l’éducation. Le ČHV a déclaré qu’une des problématiques majeures était la radicalisation des groupes néo-nazis et des attaques violentes contre la population Rom, rappelant une attaque incendiaire sur une famille de Roms en Moravie, provoquant de graves brûlures sur 80 % du corps d’une fille de 2 ans. Le rapport a noté que les autorités avaient décidé de classer l’incident comme une atteinte à l’ordre public et non comme une tentative de meurtre.

Le rapport traite également de la marginalisation des étrangers, notant que la situation se détériore avec la récession. Enfin, le ČHV critique vivement les autorités pour leur immobilité face aux attaques motivées par la haine raciale ou par l’orientation sexuelle.